Histoire

Qu’est-ce qui se cache derrière le nom des stations de métro : Croix-Paquet ?

A la façon de Didier qui s’est inspiré de Raymond Queneau dans :

– Cépalabaméici, dit Zazie en arrivant sur la place.

– T’es sûr, réplique Gabriel, c’est pas plutôt de l’aut’ côté ?

–  C’est lui qu’à raison, hurle Charles, on s’est trompé d’arrondissement !

– Vous commencez à m’chercher sérieux, soupire Zazie.  Ici c’est la croisée d’ la montée Saint Sébastien, d’ la rue du Griffon et des Capucins, dans l’ premier ! La place, elle était déjà là au XVIIe. Place Croix-Paquet !

Place Croix-Paquet en 2025

– Tu causes, tu causes, c’est tout c’que tu sais faire… rajoute Marceline en arrivant tout’ essoufflée. Ces marches çà m’tue, z’auraient pu mettre aut’ chose !

–  T’avais qu’à prendre la ficelle, lui répond Zazie.

– Ben, keskecékça la ficelle, demande Marceline, éberluée, tu t’fiches d’moi ?

– T’es pas à Paris ici ma vieille ! La ficelle, c’est comme ça qu’ les Lyonnais y zy appellent leur funiculaire. Un des premiers construits dans l’monde ! Ficelle parce qu’y avait un gros câble qui, par va et vient, f’zait monter une cabine pendant qu’l’aut, elle descendait !

La Ficelle Croix-Paquet

Même qu’pendant le chantier, y zont buté contre un énorme caillou porté là d’puis les Zalpes par un glacier ! T’imagines !

Le Gros Caillou à la Croix-Rousse

– Tu veux dire que c’qui trône sur l’plateau là-haut ça vient dla montagne ? s’ébahit Charles

– Arfaitement ! Après ils l’ont détruite la ficelle cause que ça rapportait pu assez…

Le Funiculaire Croix-Paquet 2è version

…avant de construire ce ch’min de fer à crémaillère. Même que les riverains ont gueulé pour la garder, leur ficelle !

Nouvelle gare en construction 1974

– Croix-Paquet, c’est marrant comme nom, c’est comme la ficelle, j’ai jamais entendu çà avant, constate Charles.

–  ah ça, ça vient d’un quidam, Jean Paquet qui s’appelait, un négociant. Il a fait dresser sa croix ici en 1628, peut-êt’ en remplacement d’une aut, celle du griffon, rasée par les Réformés ! La croix aujourd’hui n’est plus, reste que le nom d’la place. Voilà pour ma docte science, dit Zazie fièrement.

– Mouais… soupire Marceline un peu vexée. Faut toujours que tu te la ramènes…

– Et je rajoute, glisse l’autre avec préciosité, le numéro 5, vous voyez la maison là, en bas dla place,    ben elle  dessert la cour du Moirage

– du Moirage, la ramène Gabriel, késkeckça encore ?

– ah ces embroussaillés ! c’est là qu’les tisseurs v’naient avec leurs soieries, on y écrasait irrégulièrement le tissu pour qu’il ait un aspect changeant…

L’escalier Monumental du Monastère des Feuilants XIIe

– T’en sais des choses, s’esstazie Charles !

– Attends, c’est pas fini ! Avant c’était un monastère, des frères Feuillants…

– Encore un drôle de nom, réagit Charles.

– Ah là, j’sais pas pourquoi !

– Ah tu vois qu’ tu sais pas tout, en profite Marceline

– N’empêche, s’empresse de préciser Zazie, de là on traboule jusqu’à la rue des Petits Feuillants et la rue Lorette… vous pigez, 3 accès !… alors pendant la guerre, ben c’était Byzance pour ceux qui chassaient les boches !

– Moi, j’ m’en méfie des guides. Tous ces trucs baratinés, on sait pas si c’est vraiment vrai. D’ailleurs moi j’ crois à rien, c’est plus sûr, conclue Marceline.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qu’est-ce qui se cache derrière le nom des stations de métro : Vieux-Lyon Cathédrale St Jean ?

Fontaine saint-Jean-Baptiste

 

Philippe le Bel raconte :

– Quand même, ils ont beau se pâmer devant leur cathédrale, on les voit à peine les armoiries, là, juste au-dessus du portail central !

La primatiale saint-Jean

Certes à droite on reconnaît ma couronne, mon sceptre, la fleur de lys, symboles de mon royaume, à gauche les armes du pape, sa tiare, les clés de Saint-Pierre liées par un cordon de gueules mais je parie qu’ils sont nombreux ceux qui en ignorent la signification…

Les armes de Philippe IV à droite, celles du pape Clément V à gauche

A quoi c’la sert-il qu’au travers de la plume du grand Druon, je devienne aux yeux des Français le roi maudit, si personne ne me remet quand apparaissent mes attributs ? Ah ce Maurice, quel  académicien, inspiré et très documenté, qui en profite pour noircir le trait en insistant sur mon caractère impitoyable… ce qui me vaut le surnom de roi de fer ! Il n’oublie pas non plus, le cher homme, mon côté extrêmement cupide… moi qui convoite le trésor des Templiers ! Et comment, pour arriver à mes fins, je place la papauté sous la tutelle du royaume de France en m’achetant les services de Clément V, tout juste couronné à Lyon (1305), que je déplace en Avignon…

Je te tiens par la barbichette, tu me tiens par la barbichette…

Obéissant, presqu’obséquieux, ce dernier convoque un concile à Vienne (1312) au cours duquel il obtient, après fabrication de fausses preuves la dissolution de l’ordre. Et qui en confisque les biens ? Moi bien sûr ! D’ailleurs je fais d’une pierre deux coups : ces comtes-archevêques de Lyon qui défendent leur puissante principauté ecclésiastique bec et ongles m’insupportent ! Qu’à cela ne tienne, je fais basculer leur territoire dans l’escarcelle du royaume de France (traité de Vienne 10 avril 1312) ! Maudit à Lyon, maudit en France, je me souviens encore des paroles tranquillement prononcées par Jacques du Molay, le grand maître de l’ordre des Chevaliers du Temple, au moment de périr sur le bûcher, condamné pour hérésie : « – Dieu sait qui a tort. Vous serez tous maudits sur treize générations. ».

Le lai d’Aristote

Deux ans plus tard, Clément V meurt d’un cancer des intestins… Quant à moi, je fais, au cours d’une partie de chasse, une mauvaise chute de cheval et voilà que je trépasse…

Au chevet, une pierre de remploi du forum romain

A propos, saviez-vous que la superstition liée au chiffre 13 qui porterait malheur vient en partie de cet épisode, les Templiers étant arrêtés un vendredi 13 ?

 

 

Qui se cache derrière le nom des stations de métro : Hôtel de Ville-Louis Pradel

Dans l’esprit de la chanson de Jacques Prévert Pour faire le Portrait d’un Oiseau, découvrons celui de Louis Pradel, maire de Lyon de 1957 à 1976 

Pour faire le portrait d’un maire de Lyon : Louis Pradel alias zizi-béton

 Peindre d’abord un enfant qui pousse en Beaujolais,
p
rès d’un grand-père amoureux de roses… Voilà  la porte grande ouverte sur la beauté !         

Les roses en Beaujolais des Pierres Dorées

Peindre ensuite un garçon,

qui à l’école, va à reculons…

C’est qu’il cherche avant tout à se rendre utile.

Mécanique, sens du contact, ça lui est si facile…

Le lion de Lyon

qu’il est propulsé chef des ventes chez Peugeot,

La marque au lion. Belle prémonition,

pour celui qui va occuper le bureau

19 ans durant de la mairie de Lyon !

Placer ensuite sa femme à ses côtés ;

Fille de notables de souche,

en haut de l’échelle il est transporté…

Assurément ce mariage fait mouche !

 

Maintenant fondé de pouvoir, vite quitter ce béret, il lui faut paraître sans cette allure de benêt…

 

Voilà que la nuit s’abat sur l’Europe,

Il entre en résistance, fonde Le Coq Enchaîné,

fait de sa maison un arsenal pour mettre un stop

à la barbarie, la bestialité, les atrocités…

 

Quand la ville est libérée par Brosset le Général,     

Le Général Diego Brosset, libérateur de Lyon le 3 septembre 1944

les marches de la mairie il monte dare-dare.

En récompense, il y entre, au conseil municipal,

Sa carrière politique alors démarre.

 

Se cacher derrière le petit père du peuple lyonnais,         

1, rue d’Herbouville 69004 Lyon

Le temps de faire ses premières armes,

Maintenant qu’ Herriot s’en est allé,

C’est le Pradélisme qu’on acclame !

 

Il gère sans parti, sauf le sien, marqué au bas du tableau :

Pour la Réalisation Active Des Espérances Lyonnaises !

L’heure est à la reconstruction : les pavés au caniveau !

Le béton, ça cimente à tout va, n’en déplaise !

L’écoute ça lui tient à coeur : il dialogue avec Ulla.

Désormais affublé du sobriquet « zizi-béton », il donne le la !

 

Tout à l’auto, plat de nouilles, tunnel, A7,

ça n’l’empêche pas d’être à ses heures poète…

L’important c’est la rose, lui susurrait son aïeul,

En voilà partout au grand parc, sans l’ombre d’un glaïeul !

Inauguration de la roseraie internationale au parc de la Tête d’Or le 19 juin 1964 en compagnie de Grâce de Monaco

Inventaire époustouflant, œuvre colossale, véritable avalanche,

il fait creuser le métro,  crée le MGR, inaugure le CIRC, la Part-Dieu

Se tue à la tâche, pas de répit, pas même le dimanche,

un vilain crabe lui ronge l’estomac, le force à l’adieu…

Inauguration du Centre International de Recherche contre le Cancer en compagnie des Pompidou-1972

Sa ville ô combien reconnaissante

Ecrit son nom dans un coin du tableau,

Lui dédie une place à l’Hôtel de Ville attenante,

Où son buste regarde vers son ancien bureau.

Le buste de Louis Pradel sur la place qui lui rend hommage