A la façon de Didier qui s’est inspiré de Raymond Queneau dans :

– Cépalabaméici, dit Zazie en arrivant sur la place.
– T’es sûr, réplique Gabriel, c’est pas plutôt de l’aut’ côté ?
– C’est lui qu’à raison, hurle Charles, on s’est trompé d’arrondissement !
– Vous commencez à m’chercher sérieux, soupire Zazie. Ici c’est la croisée d’ la montée Saint Sébastien, d’ la rue du Griffon et des Capucins, dans l’ premier ! La place, elle était déjà là au XVIIe. Place Croix-Paquet !

– Tu causes, tu causes, c’est tout c’que tu sais faire… rajoute Marceline en arrivant tout’ essoufflée. Ces marches çà m’tue, z’auraient pu mettre aut’ chose !
– T’avais qu’à prendre la ficelle, lui répond Zazie.
– Ben, keskecékça la ficelle, demande Marceline, éberluée, tu t’fiches d’moi ?
– T’es pas à Paris ici ma vieille ! La ficelle, c’est comme ça qu’ les Lyonnais y zy appellent leur funiculaire. Un des premiers construits dans l’monde ! Ficelle parce qu’y avait un gros câble qui, par va et vient, f’zait monter une cabine pendant qu’l’aut, elle descendait !

Même qu’pendant le chantier, y zont buté contre un énorme caillou porté là d’puis les Zalpes par un glacier ! T’imagines !

– Tu veux dire que c’qui trône sur l’plateau là-haut ça vient dla montagne ? s’ébahit Charles
– Arfaitement ! Après ils l’ont détruite la ficelle cause que ça rapportait pu assez…

…avant de construire ce ch’min de fer à crémaillère. Même que les riverains ont gueulé pour la garder, leur ficelle !

– Croix-Paquet, c’est marrant comme nom, c’est comme la ficelle, j’ai jamais entendu çà avant, constate Charles.
– ah ça, ça vient d’un quidam, Jean Paquet qui s’appelait, un négociant. Il a fait dresser sa croix ici en 1628, peut-êt’ en remplacement d’une aut, celle du griffon, rasée par les Réformés ! La croix aujourd’hui n’est plus, reste que le nom d’la place. Voilà pour ma docte science, dit Zazie fièrement.
– Mouais… soupire Marceline un peu vexée. Faut toujours que tu te la ramènes…
– Et je rajoute, glisse l’autre avec préciosité, le numéro 5, vous voyez la maison là, en bas dla place, ben elle dessert la cour du Moirage…
– du Moirage, la ramène Gabriel, késkeckça encore ?
– ah ces embroussaillés ! c’est là qu’les tisseurs v’naient avec leurs soieries, on y écrasait irrégulièrement le tissu pour qu’il ait un aspect changeant…

– T’en sais des choses, s’esstazie Charles !
– Attends, c’est pas fini ! Avant c’était un monastère, des frères Feuillants…
– Encore un drôle de nom, réagit Charles.
– Ah là, j’sais pas pourquoi !
– Ah tu vois qu’ tu sais pas tout, en profite Marceline
– N’empêche, s’empresse de préciser Zazie, de là on traboule jusqu’à la rue des Petits Feuillants et la rue Lorette… vous pigez, 3 accès !… alors pendant la guerre, ben c’était Byzance pour ceux qui chassaient les boches !
– Moi, j’ m’en méfie des guides. Tous ces trucs baratinés, on sait pas si c’est vraiment vrai. D’ailleurs moi j’ crois à rien, c’est plus sûr, conclue Marceline.












