Isabelle

Qu’est-ce qui se cache derrière le nom des stations de métro de Lyon : Gratte-Ciel

Gratte-Ciel, le Réveil…

Dans ce lépreux marécage,

Ce taudis ô combien maudit,

Vivaient entassés, sans  âge

Enfants, ouvriers amaigris…

Surgit un  Maire-Miracle :


Lazare Goujon, maire de Villeurbanne de 1924 à 1935

Nous par Lyon annexés ?

Fi d’une telle débâcle !!!!!

Ainsi naît l’utopie vite réalisée…

…Où l’architecte* hors norme

Rêve, à une allure édifiante,

Un grand œuvre sans borne

Pour cette cité galopante…

Comme sorti de Chicago,

De son école, il trace, vertical,

Un élan illustré d’art déco,

Manifeste d’1 patrie idéale…

Vue d’ensemble sur les gratte-ciel

2 phares surgissent de terre,

Porte d’entrée en hallebardes.

Tours les plus hautes en l’air

Dans toute la nation cocarde.

Le-Répit-du Paysan-Jules-Pendaries 1932

Avant déjà se dresse un colosse

Paysan en quête de  répit,

Echo d’un abri en cosmos,

Avec beffroi fier tel un i

L’hôtel de Ville

La mairie et son beffroi

Champ Elysée provincial,

Babel d’escaliers, d’arcades,

P’tit pied d’nez à la rivale

En symbole de barricade !

Gratte-Ciel errigés telle une barricade contre Lyon

Beauté des maisons nuage

Le long de l’allée réparties,

Eau, gaz, à tous les étages

D’hygiène le projet est pétri !

Porte d’entrée art déco d’un gratte ciel

L’échiquier est clos à l’ouest

Par hier le palais du travail.

Ce jour un théâtre s’y dresse,

Scène illustre & nationale !

Théâtre National Populaire

Villa Urbana, ses quartiers

Innovent un cœur urbain,

Où, tutoyer le ciel, son voisin,

Invite à vivre centré, aligné…

Colonne art déco place Lazare Goujon
*Môrice Leroux

Qu’est-ce qui se cache derrière le nom des stations du métro de Lyon : Cordeliers

Là où il y a de la haine, que je mette l’amour*

  • Ouah, qu’est-ce qu’elle brille la façade ! Faut dire qu’elle avait besoin d’un bon décrassage, cette église !

  • Eglise saint-Bonaventure avant son ravalement 2022-2023
  • Ah ça oui ! qu’est-ce qu’elle a été négligée, la pauvre ! C’est insensé, quand on pense qu’à l’époque de Bonaventure, elle était trop petite pour accueillir toute la foule amassée venue pleurer sa disparition…

  • Bonaventure ? c’est une blague !

  • Vitrail saint-Bonaventure
  • Attention à ne point blasphémer mon fils ! C’est François qui s’écrie, en voyant son disciple malade : « O buona ventura! »

  • François ?

  • Oui, François, le riche drapier d’Assise qui, renonçant au monde matériel, fonde l’ordre des moines mendiants qui portent son nom, les Franciscains ; il se pare alors d’une bure… une tunique en forme de croix coupée dans une étoffe rêche avec pour toute ceinture une corde… Tu comprends mon fils ?

  • Euh… une corde ?

  • Parfaitement, une corde, le symbole du dénuement…mais pas n’importe quelle corde, une corde à nœuds…

  • A nœuds ?

  • Oui, à nœuds. Vas mon fils, au Musée des Beaux Arts, le Louvre lyonnais… Pars tel le pèlerin du Moyen Âge, franchis le seuil du lieu sacré des peintres du grand siècle… Tu ne vas pas en croire tes yeux : il y a là une représentation saisissante de ce saint, ce passeur de joie, qui consacre sa vie aux lépreux et autres démunis. C’est le peintre Zurbaran, grand mystique de l’âge d’or espagnol qui le représente dans un tableau tout en ombre et hallucination, une œuvre habitée de mystère. C’est comme une apparition, mon fils…attends-toi à être frappé, à découvrir le petit pauvre, en extase, les yeux révulsés, tournés vers le ciel, oui le ciel, bien sûr, le ciel ! Quoi d’autre que le ciel ? Un détail ? Il veille, dans la sombre éternité, l’âme sur son sein, tranquille… Un autre ? A la taille, il porte cette corde… et ses nœuds… Oui, mon fils, cette corde qu’il porte en guise de ceinture est nouée des vœux de son ordre qu’il fonde en 1223, note bien mon fils : pauvreté, chasteté, obéissance.

  • Mon père, sans votre parole, jamais je n’aurais pu saisir ce symbole !

  • Mon fils, c’est cette corde qui donne son nom à l’ordre de ces frères mendiants, les Cordeliers, repérés par Saint Louis pour leur courage lors de la croisade de 1250…

  • Et je parie que le quartier s’appelle ainsi en raison de la présence d’un couvent habité alors par ces moines mendiants…

    Le Couvent des Cordeliers à la Renaissance

     

  • Alléluia ! D’ailleurs c’est assez cocasse de constater qu’au Moyen-Âge le lieu abritait de pauvres moines vivant de la charité publique et qu’aujourd’hui le quartier, coeur battant de la Presqu’île, a vendu son âme au commerce !

    Le Grand Bazar inauguré le 8 novembre 1886

    Mon fils, sais-tu que le couvent fut, comme tant d’autres à Lyon détruit par les révolutionnaires ? Imagine : ceux de la Convention se servent de l’église comme grenier à grains, quel sacrilège ! C’est le cardinal Fesch, l’oncle de Napoléon qui lui sauve la vie, quand il devient archevêque de la ville. Oui, c’est lui qui lui attribue sa façade…

  • Qui avait bien besoin d’être ravalée ! 

    L’église des Cordeliers après son ravalement mai 2023

     

  • Amen !

  • * prière de saint François d’Assise :

Qu’est-ce qui se cache derrière le nom des stations du métro de Lyon : Cusset

C’est de ce lieu reculé, ce lieu caché, ce cusset

Que tout a démarré, tout a commencé…

Du haut de sa terrasse le hameau

Le hameau aux mille couleurs

Bien à l’abri des folles, folles eaux

N’a jamais, jamais connu le malheur.

Terre d’accueil des uns, Gaulois,

Romains, quelques barbares…

Terre d’asile de tous, Ardéchois,

Espagnols, quelques Lombards.

Depuis des lustres, depuis la nuit des temps,

Saint Antoine, du fond de sa grange,

Au peuple de la contrée des étangs,

Distille ses chants, ses louanges.

Les tentacules de la grande cité,

Lyon, métropolis, la ville-mère

Jusque dans les cours d’eau se faufilent,

Changements de vue, de profil,

Chambardent la campagne hallucinée !


aménagement du canal de Jonage 1897

L’espace que la révolution hachure,

Celle des inventions, des génies,

Dispose des fabriques, des manufactures

Qui gourmandement dévorent l’énergie.

La salle des machines de l’usine hydroélectrique de Cusset

Dans un nuage de métal, de bruit,

Née la centrale au fil de l’eau

On creuse, on abat, on édifie

La belle cascade de 12 m de haut !

le barrage aujourd’hui côté aval

L’eau qui dormait se réveille,

De sa chute la force surgit,

L’usine sans fin à l’abeille pareille,

Est, pour son produit, n° 1 du pays.

Le barrage côté amont

Paysage transformé, chamboulé,

Consoles, balustrades, tout le décor !

Ponts mécano sur l’anneau bleu jetés,

Le progrès le grand Rhône honore.

Forces Motrices du Rhône

Cabossé, transformé tout est cassé

A la saint-Julien, la farandole on dansait,

Autour de l’orme, l’arbre de la liberté

Que l’argent, l’essor ont assassiné…

Orme, arbre de la liberté